Le Visiteur

Assis sur une chaise haute,
Grand,beau et silencieux,
Il tirait sur sa derniere cigarette:

 La pandémie battait son plein,

Il est arrivé tôt ce matin-là,

Il posa sur la table un sac des ravitaillements ;

Assis sur une chaise haute,

Grand, beau et silencieux,

Il tirait sur sa dernière cigarette ;

 Petite,

 Elle atteignait la hauteur de son front ;

 Le contour délicat de ses yeux,

Une minuscule fossette dans le menton

Et, ses narines sensuelles la captivaient ;

 Elle chassa amèrement

L’envie folle de serrer la tête de l’homme,

Contre son sein ,

De couvrir son visage basané des baisers ;

Elle aussi avait fait la guerre,

Mais la guerre de la vie ;

 Langoureuse,

Elle chercha longtemps dans son regard,

Un signe,

Une suspicion d’amour,

Rien, un vide,

Autrefois, il a connu l’amour,

L’amour qui trahit et qui fait mal,

L’amour qui tue,

Et il mourrait doucement ;

Elle mourrait aussi à force de l’aimer,

Incapable de déclarer son amour

A un homme sans âme.

Anita Bacha

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RESTONS À LA MAISON 🏡

Soudainement, sans avertissement,

Notre beau pays, Ile Maurice, est pris d’assaut,

Un ennemi mortel paraît, on n’est sait d’où,

Il s’attaque à nous,

Il est minuscule mais malin,

Il s’appelle Corona, il est là,

Invisible mais invincible,

Il ne choisit pas, voyons,

Noir, blanc, jaune, marron,

Homme, femme, jeune ou vieux,

Riche, pauvre, vaillant, peureux,

Il s’attaque à tous,

Confinement solitaire,

Couvre-feu sanitaire,

À la maison, pour se taire,

Un peuple uni sortira vainqueur.

Anita Bacha